Mercredi des Cendres. Je jeûne conformément à ce que demande l'Église : un seul repas complet, abstinence de viande.
Abbé de Rancé, réformateur de l'abbaye de la Trappe au XVIIe siècle :
Ce peu de temps qui fuit d'un cours imperceptible,
Et qui ne m'est donné qu'afin de me sauver,
Tôt ou tard par la mort doit enfin s'achever ;
Et de mes jours comptés le terme est infaillible.
D'être surpris coupable en ce moment terrible,
Et de laisser à Dieu de quoi me réprouver,
Dans quel affreux malheur ce serait me trouver !
Et toutefois, hélas ! ce malheur est possible.
Ce malheur est possible ! et je chante et je ris !
Et des objets mortels mon cœur se sent épris !
Dans quel sommeil mon âme est-elle ensevelie ?
Que fais-je ? Qu'ai-je fait du temps que j'ai passé ?
Ah ! mon amusement me convainc de folie :
Vivre sans vivre en saint, c'est vivre en insensé.