Aujourd'hui, je demande à Dieu la grâce de pouvoir parler de ma foi à quelqu'un. Et je le fais simplement, quand l'occasion se présente.
Saint Thomas d'Aquin, Commentaire sur les Psaumes :
« Mon cœur s'est échauffé au-dedans de moi » (Ps 38, 4), c'est-à-dire la chaleur de la charité a fait irruption dans mon cœur : « Est-ce qu'un homme peut cacher du feu dans son sein, sans que ses vêtements s'embrasent ? » (Pr 6, 27). Ainsi il est impossible à l'homme de cacher les paroles de Dieu lorsque son cœur s'enflamme de charité : « Ta parole a été éprouvée par le feu, et ton serviteur l'a aimée » (Ps 118, 140). Et la cause de cette irruption est la méditation des réalités divines ; aussi dit-il : « et dans ma méditation un feu s'est embrasé » (Ps 38, 4). Il n'est rien d'aimable, excepté le bien et le beau. C'est pourquoi dans les affections sensibles la vision corporelle est cause de l'amour. Et par conséquent si tu veux atteindre les réalités spirituelles, il faut que ton cœur s'enflamme de l'amour de Dieu. L'effet de cette irruption est que celui qui s'est proposé de se taire est poussé à parler ; aussi dit-il : « J'ai dit. »
« Ils furent tous remplis de l'Esprit Saint, et ils commencèrent à parler diverses langues, selon que l'Esprit Saint leur donnait de parler » (Ac 2, 4). Selon Grégoire : « Ceux que l'Esprit remplit, il leur communique en même temps la ferveur et la parole » (30e homélie sur l'Évangile). – « Qui peut retenir les paroles qu'il a conçues ? » (Jb 4, 2). […]
Dieu ne donne sa grâce à l'homme que dans la mesure où il en fait usage ; et c'est pourquoi, lorsque quelqu'un ne fait pas usage de la grâce qui lui a été donnée, Dieu [la] lui enlève, comme on le voit à propos du talent : « Ôtez-lui la mine, et donnez-la à celui qui a dix mines » (Lc 19, 24).
Saint Grégoire le Grand, 6e Homélie sur les Évangiles :
Si vous reconnaissez avoir progressé dans la vertu, entraînez-y les autres avec vous, désirez les avoir comme compagnons sur le chemin qui mène à Dieu… Que celui qui déjà dans son cœur a entendu l'appel de l'amour divin, en tire pour son prochain une parole d'exhortation. Peut-être manque-t-il de pain pour faire l'aumône à un mendiant, mais celui qui a une langue a de quoi donner mieux encore. Car nourrir de l'aliment de la parole l'âme qui doit vivre éternellement est mieux que rassasier d'un pain terrestre l'estomac d'un corps qui doit mourir un jour.