Je répète pendant 3 minutes, dans mon cœur : « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, ayez pitié de moi, pécheur. »
Saint Augustin, Sermon 63 :
Tu as entendu une parole outrageuse, c'est un coup de vent ; tu t'irrites, c'est le flot qui monte. Or, quand le vent souffle, quand le flot s'élève, le vaisseau est en péril, ton cœur est exposé, il est agité par la vague. Tu désires te venger de cette injure, tu te venges en effet ; tu cèdes ainsi sous le poids de la faute d'autrui et tu fais naufrage. Pourquoi ? Parce que le Christ sommeille dans ton âme. Qu'est-ce à dire : le Christ sommeille dans ton âme ? C'est-à-dire que tu l'oublies. Réveille-le donc, rappelle son souvenir, que le Christ s'éveille en toi ; arrête la vue sur lui. Que prétendrais-tu ? Te venger. Tu oublies donc qu'au moment où on le crucifiait il disait : « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font » ? Celui qui dort dans ton cœur n'a point voulu se venger. Réveille-le, pense à lui. Son souvenir, c'est sa parole ; son souvenir, c'est son commandement. Et, quand il sera éveillé en toi, tu diras : « Qui suis-je pour vouloir me venger ? Qui suis-je pour menacer un homme comme moi ? […] Aussi vais-je apaiser mon irritation et revenir au repos du cœur. » Le Christ alors a commandé à la mer et le calme s'est rétabli.
Ce que j'ai dit de la colère, appliquez-le exactement à toutes vos tentations. Une tentation se fait sentir, c'est le vent qui souffle ; tu t'émeus, c'est la vague qui s'élève. Réveille le Christ, qu'avec toi il élève la voix. « Quel est-il, puisque les vents et la mer lui sont soumis ? » Quel est-il, puisque la mer lui obéit ? La mer est à lui, c'est lui qui l'a faite. Tout a été fait par lui. Toi, surtout, imite les vents et la mer, obéis à ton Créateur. La mer s'incline à la voix du Christ, et tu restes sourd ? La mer s'arrête, les vents s'apaisent, et tu souffles encore ? Qu'est-ce à dire ? Parler, agir, projeter encore, n'est-ce pas souffler toujours et refuser de s'arrêter devant l'ordre du Christ ? Que les flots ne vous submergent pas en troublant votre cœur. Si néanmoins, comme nous sommes des hommes, si le vent nous abat, s'il altère les affections de notre âme, ne désespérons point ; réveillons le Christ, afin de poursuivre tranquillement notre navigation et de parvenir à la patrie.